TRADITIONS

Traditions de la crèche

La crèche n’est pas un objet unique décliné en langues différentes. C’est une famille de traditions qui se sont développées séparément, avec leurs matériaux, leurs personnages, leurs dates et leurs raisons. Un pessebre catalan et une szopka de Cracovie ont en commun une mangeoire, et à peu près rien d’autre.

Un tour du monde en douze traditions

Chaque tradition a inventé une réponse différente à la même question : avec quoi raconter cette scène ?

  • La Provence a répondu avec un village — ses métiers, ses vieux, son bohémien.
  • L’Italie a répondu avec un théâtre, et Naples y a mis toute une ville.
  • La Pologne a répondu avec de l’architecture : la szopka reproduit les monuments de Cracovie en carton doré.
  • L’Allemagne et l’Autriche ont répondu avec du bois sculpté et des paysages de montagne.
  • L’Amérique latine a répondu avec sa propre flore, et parfois avec un village qui ressemble au sien.
  • La Catalogne a répondu avec de l’humour : une figure accroupie cachée dans le décor, depuis quatre siècles.

Aucune n’est plus authentique qu’une autre. Toutes font ce que faisait déjà Greccio en 1223 : rendre la scène sensible avec ce qu’on a sous les yeux.

Ce qui change d’un pays à l’autre

Quatre choses varient, et ce sont elles qui surprennent quand on passe une frontière.

Le moment où l’on offre les cadeaux

Dans une grande partie du monde hispanophone, ce sont les Rois mages qui apportent les cadeaux, le 6 janvier — ce qui donne à l’Épiphanie un poids que le 25 décembre n’a pas ailleurs. En Belgique et dans plusieurs pays voisins, Saint-Nicolas, le 6 décembre, occupe une bonne part de ce rôle. La crèche n’a donc pas la même fonction dans le calendrier familial selon l’endroit.

Les personnages

Le ravi provençal n’existe qu’en Provence. Le caganer n’existe qu’en Catalogne et dans quelques régions voisines. Les personnages de taverne napolitains ne se retrouvent nulle part ailleurs. Le noyau — la Sainte Famille, le bœuf et l’âne, les bergers, les Rois — est partout ; tout le reste est local.

Les matériaux

Argile peinte en Provence, terre cuite et étoffes à Naples, bois sculpté dans les Alpes, carton et papier métallisé à Cracovie, plâtre et résine dans beaucoup de productions contemporaines. Le matériau n’est pas un détail : il détermine l’échelle, le prix, la fragilité et le geste.

La durée

Certaines traditions démontent à l’Épiphanie, d’autres à la Chandeleur, le 2 février, qui clôt liturgiquement le cycle de Noël. Le détail dans quand installer la crèche.

Ce qui ne change jamais

Trois constantes, quel que soit le pays :

  1. L’étable est pauvre

    Aucune tradition ne représente une naissance confortable. C’est le point de départ du récit, et c’est ce que François d’Assise voulait rendre visible.

  2. Le village est présent

    Sous une forme ou une autre : le village provençal, la ville napolitaine, les monuments de Cracovie, le hameau alpin. La scène n’est jamais isolée du monde ordinaire.

  3. La crèche se construit dans le temps

    Elle s’installe progressivement, se peuple, puis se démonte. Une crèche qui apparaît complète le 1er décembre et disparaît le 26 n’a le rythme d’aucune tradition.

Les pages par région

Ce qui manque ici

Beaucoup de choses, et il vaut mieux le dire que le masquer.

Ce site est écrit depuis la documentation disponible en français et depuis la tradition provençale, qui est celle que nous connaissons le mieux. Les pages ci-dessus donnent ce qui est solidement établi et s’arrêtent là où commencerait l’invention. Il manque à coup sûr :

  • des traditions régionales à l’intérieur de chaque pays cité ;
  • les crèches d’Afrique francophone, du Liban et de l’océan Indien, dont nous savons qu’elles existent et sur lesquelles nous n’avons pas de matière fiable ;
  • les usages de famille, qui ne sont documentés nulle part et qui sont pourtant la vraie vie de cette tradition.

Si la crèche se fait autrement chez vous, écrivez-nous. Un personnage que nous ne citons pas, une date différente, un matériau local, un nom en langue régionale : c’est exactement ce qui manque à ces pages, et c’est la contribution la plus utile qu’on puisse nous faire. La page de contact.