BÂTIS · NIVEAU MOYEN

Les toits & les tuiles

La plupart des crèches sont regardées légèrement de haut. Les toits représentent donc une bonne moitié de ce qu’on voit — et ils sont pourtant le poste le plus bâclé, couvert d’un carton peint en rouge. Quatre couvertures suffisent à traiter tous les styles, et aucune n’est difficile.

Les pentes, par région

La pente d’un toit est le plus fort marqueur régional dont vous disposiez, et elle se lit instantanément.

Région Pente Couverture
Provence, Méditerranée Faible — 25 à 30 % Tuiles canal
Montagne alpine Moyenne, grand débord Bardeaux, lauzes, tôle
Europe du Nord, Alsace Forte — 45 à 60° Tuiles plates, ardoises
Campagne, dépendances Variable Chaume

Un toit à forte pente sur une maison provençale, ou un toit plat sous la neige, se remarque avant tout le reste. Décidez de la pente en même temps que du style.

Le matériel

  • Carton fort ou contreplaqué 2 mm pour le support de toiture
  • Pâte à modeler durcissante, ou argile autodurcissante, pour les tuiles canal
  • Un crayon rond ou une baguette de 6 mm comme gabarit de cintrage
  • Carton fin, papier kraft ou vraies feuilles d’ardoise pour les lauzes
  • Bâtonnets de bois fin, ou placage, pour les bardeaux
  • Sisal, jute ou raphia pour le chaume
  • Colle blanche, pince à épiler, cutter
  • Acrylique mate : ocre rouge, terre d’ombre, gris de Payne, vert olive, blanc

Les tuiles canal

La tuile ronde du Sud, posée en alternance : une rangée creux vers le haut (le courant), une rangée creux vers le bas (le couvert). C’est la couverture la plus caractéristique et la plus satisfaisante à faire.

  1. Fabriquer les tuiles

    Étalez la pâte durcissante en bandes de 2 mm d’épaisseur, découpez des rectangles de 1,2 × 0,8 cm, puis moulez chacun sur un crayon rond pour lui donner sa courbure. Laissez sécher sur le crayon quelques minutes avant de démouler.

  2. En faire beaucoup

    Comptez 60 à 80 tuiles pour un petit toit de 10 × 8 cm. C’est une soirée devant un film. Faites-en 20 % de plus que le calcul : il y a de la casse.

  3. Poser du bas vers le haut

    Les rangées de courant d’abord, espacées de la largeur d’une tuile. Puis les couverts par-dessus les joints. Chaque rangée recouvre la précédente d’un tiers.

  4. Irrégulariser

    Décalez légèrement une tuile sur cinq, inclinez-en une autre, cassez-en une. Un toit parfaitement régulier ressemble à une tôle ondulée.

Raccourci qui fonctionne : des tuiles découpées dans un tube de carton ondulé de petit diamètre — un rouleau de papier alimentaire, coupé en anneaux puis en quarts. La courbure est déjà là. Moins fin qu’en pâte, mais dix fois plus rapide, et parfait pour les toits d’arrière-plan.

Les lauzes et les ardoises

Des plaques de pierre plates, posées en écailles, plus grandes en bas du toit qu’en haut — ce dégradé de taille est le signe distinctif d’une vraie couverture en lauzes.

  • Découpez des plaques irrégulières dans du carton fin ou du papier kraft épais : de 1,2 cm de large en bas à 0,6 cm en haut.
  • Posez en quinconce, du bas vers le haut, avec un recouvrement de moitié.
  • Ne les alignez pas : une lauze de travers, une autre légèrement soulevée.
  • Peignez en gris ardoise très rabattu, puis brossage à sec en gris pâle, et des touches de vert et d’ocre pour les lichens.

Pour les vraies ardoises : les magasins de modélisme vendent des plaques d’ardoise fine qui se découpent aux ciseaux. Le résultat est excellent, le poids en plus.

Les bardeaux de bois

La couverture des chalets et des dépendances de montagne. La plus simple des quatre.

Découpez des rectangles de bois fin de 1 × 0,7 cm, posez-les en écailles avec un recouvrement de deux tiers, en quinconce. Laissez dépasser une lame sur dix, cassez-en une. Puis lavis de terre d’ombre très dilué, et brossage à sec en gris — le bois de toiture est toujours grisé.

Sur un toit alpin, ajoutez des pierres plates posées en ligne près du faîtage : elles maintiennent les bardeaux contre le vent, et c’est un détail que personne n’invente.

Le chaume

Pour une bergerie, une remise, ou une étable très pauvre — ce qui convient particulièrement bien à l’étable elle-même.

  1. Préparer les mèches

    Du sisal, du raphia ou de la ficelle de lin défaite, coupé en longueurs de 3 cm, rassemblé en petites mèches.

  2. Encoller par rangées

    Un cordon de colle blanche, une rangée de mèches posées à plat, brins vers le bas. Puis la rangée suivante par-dessus, en recouvrant les points de colle.

  3. Égaliser à la fin

    Aux ciseaux, en gardant un bord inférieur épais et légèrement irrégulier. Un chaume se termine par un bourrelet, pas par une ligne nette.

  4. Teinter

    Lavis de terre d’ombre très dilué, plus sombre dans les creux et vers le bas. Un chaume neuf est doré, un chaume ancien est gris-brun.

Génoise, faîtage, débords

Trois détails qui séparent un toit crédible d’une plaque posée dessus :

  • La génoise — les deux ou trois rangs de tuiles canal superposées, en encorbellement, sous l’égout d’un toit provençal. Elle éloigne l’eau de la façade, et elle signe le Sud immédiatement. Trois demi-tuiles collées en gradins suffisent.
  • Le faîtage — la ligne de tuiles posées à cheval sur l’arête. Ne l’oubliez pas : un toit sans faîtage montre sa structure et ruine l’illusion.
  • Les débords — le toit dépasse toujours des murs. De peu au Sud (2 à 3 mm à l’échelle), beaucoup en montagne (jusqu’à 1,5 cm). Un toit affleurant les murs a l’air d’un couvercle.

Vieillir un toit

Les quatre passes de la patine, avec des spécificités :

  1. Jamais rouge vif

    Une tuile neuve est déjà ocre-brun, pas rouge. Partez d’un ocre rouge rabattu de terre d’ombre, jamais d’un rouge pur.

  2. Varier tuile par tuile

    Deux ou trois nuances mélangées irrégulièrement. Un toit d’un seul ton est plat.

  3. Le lichen et la mousse

    Vert olive et jaune très dilués, appliqués au nord et dans les creux, jamais sur toute la surface. Un peu de flocage fin collé dans deux ou trois creux.

  4. Les coulées

    Terre d’ombre très diluée, appliquée en haut de la pente et laissée descendre par gravité. Tenez le toit incliné pendant que ça sèche.

  5. Le brossage à sec final

    Un gris pâle, à peine chargé, passé à plat : il accroche les arêtes de chaque tuile et fait apparaître le relief. C’est la passe qui révèle tout le travail.