BÂTIS · NIVEAU MOYEN

L’étable

C’est le point où tout converge, et c’est le bâtiment que l’on rate le plus souvent — en le faisant trop grand, trop fermé et trop propre. Une bonne étable de crèche a deux murs, un toit qui laisse passer la lumière, et l’air d’avoir servi à autre chose avant.

Quatre principes

  1. Deux murs, pas quatre

    Un mur de fond et un mur latéral suffisent. La scène doit être ouverte sur deux côtés au moins : celui du spectateur, et celui d’où arrivent les santons. Une étable fermée cache exactement ce qu’on veut montrer.

  2. Pauvre, et récupérée

    Ce n’est pas une maison, c’est un abri à bêtes. Murs irréguliers, planches disparates, toit incomplet. La pauvreté est le sujet : une étable trop bien bâtie contredit la scène qu’elle abrite.

  3. Adossée, jamais posée

    Contre un rocher, dans un repli de terrain, contre un mur de soutènement. Une étable qui repose sur le sol au milieu du décor a l’air d’un objet déposé là.

  4. Décalée d’un tiers

    Jamais au centre. Elle laisse alors la place au chemin qui y mène, et la composition cesse d’être symétrique. Voir les erreurs de débutant.

Les dimensions

À l’échelle du santon de 7 cm, où un homme debout mesure 1,70 m :

Élément Réel Sur la crèche
Hauteur sous entrait 2,20 à 2,50 m 9 à 10 cm
Faîtage 3,50 m 14 à 15 cm
Largeur 4 m 16 à 18 cm
Profondeur 3 m 12 à 14 cm
Ouverture 2 m 8 cm

Une erreur fréquente consiste à faire l’étable trop haute, parce qu’on pense « bâtiment » et non « remise ». Posez un santon debout à l’intérieur avant de coller le toit : il doit avoir de la marge au-dessus de la tête, pas trois fois sa hauteur.

Le matériel

  • Baguettes de bois 3 × 3 mm et 5 × 5 mm pour la charpente
  • Planchettes fines : bois de cagette, bâtonnets, placage
  • Polystyrène extrudé 20 mm pour les murs maçonnés
  • Écorce de liège si l’étable s’adosse à un rocher
  • Tuiles : voir les toits
  • Enduit fin, colle blanche, colle chaude basse température
  • Acrylique mate : terre d’ombre naturelle et brûlée, ocre, gris, blanc
  • Un peu de paille fine, de raphia ou de sisal effiloché

La construction

  1. Le mur de fond

    Maçonné, gravé comme dans le mur en pierre. C’est lui qui porte le toit et qui reçoit la lumière.

  2. Le mur latéral

    Plus court, souvent partiellement effondré en partie haute. Il cadre la scène et arrête le regard d’un côté.

  3. La charpente

    Deux poteaux, une panne faîtière, deux ou trois chevrons visibles. C’est peu de pièces, mais elles doivent être crédibles : les chevrons reposent sur la panne, la panne repose sur les poteaux, rien ne flotte. Les assemblages se voient de près.

  4. Un toit incomplet

    Le détail qui fait toute la différence : laissez une brèche, une tuile manquante, un pan qui s’arrête. La lumière passe alors à travers et tombe sur la mangeoire, ce qui donne le meilleur effet disponible dans une crèche.

  5. Le sol

    De la terre battue, plus sombre à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec de la paille dispersée. Pas de dallage.

  6. Vieillir

    Les quatre passes de la patine, avec deux insistances : très sombre à l’intérieur, et une coulée verte sombre au bas des murs, côté nord.

La mangeoire

C’est l’objet qui a donné son nom à la crèche entière, et il mérite mieux que la petite auge de plastique fournie avec les ensembles du commerce.

  • Forme : un auge en X, deux croisillons portant un bac, ou une simple caisse de planches. Toutes conviennent.
  • Dimensions pour du 7 cm : 3,5 cm de long, 2 cm de haut, 2 cm de large. Elle doit être plus petite que ce que l’instinct suggère.
  • Hauteur : à mi-cuisse d’un santon debout, parce que c’est un objet auquel les bêtes accèdent.
  • Garniture : de la paille fine ou du sisal effiloché, en petite quantité et débordant légèrement.
  • Position : pas contre le mur du fond. Laissez 2 cm derrière pour y loger la source lumineuse et pour que le bœuf et l’âne puissent se tenir derrière, tête baissée.

La lumière qui en sort

Une règle, et c’est la plus importante de cette page : l’étable ne doit pas être éclairée, elle doit rayonner.

Placez la LED derrière la mangeoire, dissimulée par une poutre ou par le groupe de la Sainte Famille, orientée vers l’extérieur. La lumière tombe alors sur le seuil et sur les premiers santons qui approchent, et l’intérieur reste dans une pénombre chaude.

Une seconde source, très faible, peut venir de la brèche du toit — une lumière descendante, comme si l’étoile passait au travers. Réglez-la à la limite du perceptible.

Le détail dans le plan lumière.

Variantes selon le style

  • Provençale — une bergerie basse, murs de pierre enduits à la chaux, toit de tuiles canal à faible pente, adossée à un rocher.
  • De montagne — soubassement de pierre, partie haute en bois, toit à grand débord chargé de pierres plates ou de neige.
  • Napolitaine — une ruine antique plutôt qu’une étable : colonnes brisées, arc effondré, la Nativité installée dans les décombres d’un monde qui finit.
  • La grotte — une variante ancienne, dominante dans l’iconographie orientale, et très simple à réaliser en liège. Elle a l’avantage de résoudre d’un coup la question de l’adossement.