TERRAIN · NIVEAU FACILE
Le sol & les reliefs
Le terrain est la pièce que personne ne remarque et sans laquelle rien ne fonctionne. C’est lui qui crée la profondeur, qui porte les chemins, et qui décide si les santons se tiennent debout. On le construit tôt, léger, et creux.
Pourquoi creux
Un terrain de crèche doit être une coque, pas un bloc. Trois raisons, dans l’ordre d’importance :
- Les câbles et le tuyau passent dessous. Sans vide sous le sol, l’éclairage se voit et la fontaine devient impossible.
- Le poids. Une colline en plâtre massif de 50 cm pèse une dizaine de kilos et se fend au premier choc. La même en polystyrène habillé pèse quelques centaines de grammes.
- Le réservoir. Il faut de la place pour le cacher.
Le matériel
- Contreplaqué 5 mm ou panneau de médium fin pour la base
- Polystyrène extrudé 30 à 40 mm, plusieurs plaques
- Tasseaux de 15 × 15 mm pour les entretoises
- Papier kraft ou bandes plâtrées, colle blanche
- Enduit de rebouchage en pâte
- Sable fin tamisé, terre à modeler séchée et broyée, ou marc de café sec
- Couteau à enduire, éponge naturelle, brosse
- Acrylique mate : terre d’ombre naturelle et brûlée, ocre jaune, ocre rouge, vert olive
Poser les volumes
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Fixer la ligne de pente
Le fond doit être plus haut que l’avant. Comptez 1 cm de dénivelé pour 10 cm de profondeur au minimum — davantage si la crèche est regardée de face. C’est cette pente qui donne l’impression de distance.
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Découper les strates
Empilez des plaques de polystyrène découpées en formes de plus en plus petites, comme des courbes de niveau. Collez-les à la colle blanche, décalées, jamais alignées.
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Attaquer les marches
Passez un couteau à lame chaude, une râpe ou du gros papier de verre sur les arêtes pour fondre les strates en une pente continue. Gardez volontairement quelques ressauts : un terrain parfaitement lissé n’existe pas.
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Réserver les creux
Avant d’aller plus loin, creusez l’emplacement du bassin, la saignée des câbles, l’assise de l’étable et le passage du pont. Il est infiniment plus simple de les prévoir que de les percer après.
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Habiller
Papier kraft encollé ou bandes plâtrées sur toute la surface. Cela rigidifie l’ensemble, ferme les pores du polystyrène et donne une accroche à l’enduit.
Les chemins
Un chemin n’est pas un détail décoratif : c’est le dispositif qui raconte l’histoire. Tous les santons marchent vers l’étable, et le chemin est ce qui rend cette marche lisible.
- Un seul chemin principal. Il part du bord avant de la crèche — d’où le visiteur regarde — et monte vers l’étable. Le spectateur entre dans la scène par ce chemin.
- Jamais droit. Une ou deux courbes, de préférence disparaissant derrière un relief puis réapparaissant plus haut. Ce qui se cache un instant paraît plus long.
- Qui se rétrécit. Large de 5 cm à l’avant, de 2 cm à l’arrière. C’est de la perspective forcée, et cela fonctionne remarquablement bien sur 40 cm de profondeur.
- Creusé, pas posé. Un chemin est en contrebas du terrain qui le borde, parce que le passage tasse et que la pluie creuse.
Les chemins secondaires — celui du lavoir, celui du moulin — sont plus étroits et moins nets. Ils rejoignent le principal, ils ne le concurrencent pas.
La surface : terre, pierre, sable
Le principe : une couche d’enduit qui reçoit un granulat pendant qu’elle est fraîche.
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Enduire par zones
Une zone à la fois, de la taille de ce que vous pouvez traiter en dix minutes. L’enduit prend vite.
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Semer le granulat
Sable fin sur les chemins, sable plus grossier sur les talus, un peu de gravier là où la roche affleure. Saupoudrez, puis tapotez à plat pour faire pénétrer.
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Texturer
Tamponnez à l’éponge humide, tracez des ornières à la pointe, marquez quelques empreintes. Les ornières se font en tirant une pointe deux fois, en parallèle, sur le chemin principal.
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Peindre en trois tons
Terre d’ombre diluée partout ; ocre jaune sur les surfaces exposées ; terre d’ombre brûlée dans les creux. Comme pour le mur : très dilué, plusieurs passes, jamais uniforme.
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Éclaircir le passage
Brossage à sec très léger, en ocre pâle, sur le milieu des chemins seulement. La terre battue est plus claire que la terre au repos.
Le marc de café bien séché est un excellent granulat de terre : gratuit, très fin, il prend la peinture. Séchez-le complètement — à l’air pendant deux jours, ou vingt minutes au four très doux — sinon il moisit dans la crèche.
Que les santons tiennent
Un santon a une base plate. Un terrain a des pentes. Les deux se contredisent, et c’est la cause n° 1 des santons qui tombent chaque fois qu’on ferme une porte.
La solution est de prévoir les emplacements dès la construction : partout où un santon doit se tenir, ménagez une petite plateforme horizontale de la taille de sa base, intégrée au relief. Une marche, une pierre plate, un replat de chemin. Faites-le avec les santons en main, en les posant au fur et à mesure — pas de mémoire.
Pour les santons qui doivent tenir sur une pente malgré tout : une pastille de pâte adhésive repositionnable sous la base. Elle ne marque pas l’argile et se retire au rangement.