VÉGÉTAL · NIVEAU FACILE
La mousse & la végétation
La végétation est la dernière couche et celle qui masque tous les défauts des précédentes. C’est aussi le seul poste où le matériau naturel gratuit est un mauvais choix : la mousse fraîche ramassée en forêt moisit, attire les insectes et finit dans la poubelle en janvier.
Le problème de la mousse fraîche
Elle est belle trois jours. Ensuite, dans une pièce chauffée à 20 °C, il se passe ceci : elle sèche et brunit, ou elle reste humide et moisit. Dans les deux cas elle relâche de l’eau dans le décor — c’est-à-dire dans du polystyrène, du carton et de l’enduit — et elle apporte avec elle ce qui vivait dedans : collemboles, acariens, larves, parfois des limaces.
À quoi s’ajoute une raison qui n’est pas pratique : dans beaucoup de régions, le prélèvement de mousse en forêt est réglementé ou interdit, parce que la mousse met des années à se reformer et abrite tout un microcosme. Renseignez-vous sur les règles locales avant de partir avec un sac.
Si vous tenez à de la mousse fraîche pour une soirée précise — un repas de Noël, une crèche d’un jour —, posez-la sur un film plastique et retirez-la le lendemain. Ce qui est à éviter, c’est de la laisser six semaines dans le décor.
Quoi utiliser
| Matériau | Pour quoi | À savoir |
|---|---|---|
| Mousse stabilisée (plate ou boule) | Prairies, talus, pied des murs | Souple, colorée, se garde des années. Le plus cher, et le plus utile. |
| Lichen préservé | Buissons, feuillage d’arbres | Se déchire en touffes irrégulières. Sèche et casse s’il est manipulé. |
| Flocage (poudre de mousse synthétique) | Herbe rase, bordures de chemin | Se saupoudre sur de la colle blanche. Mélangez deux ou trois teintes. |
| Fibres statiques | Herbes hautes | Demandent un applicateur électrostatique pour tenir dressées. |
| Thym, romarin, lavande séchés | Garrigue, petits arbustes | Gratuit, l’échelle est parfaite, et l’odeur est un bonus. Doit être parfaitement sec. |
| Racines de bruyère, brindilles | Troncs et branchages | Cherchez les fourches naturelles, elles font des arbres crédibles. |
Stabiliser sa propre mousse
Si vous avez de la mousse prélevée légalement — sur un mur, un toit, votre propre jardin —, vous pouvez la stabiliser vous-même. Le principe : remplacer l’eau des cellules par de la glycérine, qui ne s’évapore pas et ne nourrit rien.
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Nettoyer
Secouez, brossez, retirez la terre et tout ce qui bouge. Rincez à l’eau claire et laissez égoutter.
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Préparer le bain
Un volume de glycérine végétale pour deux volumes d’eau chaude. Ajoutez quelques gouttes de colorant alimentaire vert si vous voulez raviver la teinte — la mousse pâlit toujours un peu.
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Tremper
Immergez complètement, deux à trois heures pour de la mousse plate, une demi-journée pour de la mousse en coussin.
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Égoutter et sécher
Posez sur du papier absorbant, à plat, dans une pièce aérée, deux à trois jours. Elle doit rester souple au toucher, jamais collante.
Une mousse encore humide au moment du rangement moisira dans la boîte et contaminera tout le décor. Au moindre doute, prolongez le séchage d’une semaine.
Poser la végétation
La faute la plus commune est la moquette : une couche uniforme de mousse sur tout le terrain. Dans la nature, la végétation est une conséquence — elle pousse là où il y a de l’eau, de l’ombre et de la terre, et pas ailleurs.
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Suivre l’eau
Dense au bord du bassin et le long du ruisseau, plus rare en s’en éloignant, absente sur les crêtes.
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Border les constructions
Une frange au pied des murs et des marches, dans les angles rentrants, jamais au milieu d’un chemin.
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Varier les teintes
Trois verts au minimum, plus un jaune paille. Un vert unique fait tapis de billard.
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Coller par touches
Colle blanche au pinceau, en petites zones, et pressez la mousse dessus. Ne noyez pas : la colle qui remonte crée des taches brillantes.
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Laisser de la terre nue
Au moins un tiers du terrain doit rester minéral. C’est ce qui fait exister le reste.
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Finir au flocage
Un saupoudrage léger là où la mousse rencontre la terre, pour supprimer la ligne de coupe. C’est cinq minutes et cela change tout.
Arbres et buissons
Un arbre de crèche se fabrique en deux temps : une armature et un feuillage.
- L’armature — une brindille avec une fourche naturelle, du fil de fer torsadé, ou une racine de bruyère. Elle doit s’affiner vers le haut, et les branches doivent partir en spirale autour du tronc, pas toutes du même côté.
- Le feuillage — du lichen déchiré en petits amas, encollé branche par branche. Ne faites pas une boule : un arbre a des trous, on voit le ciel à travers.
Pour une crèche provençale, cherchez la silhouette du cyprès (étroite, verticale) et de l’olivier (basse, tortueuse, feuillage gris-vert). Pour une crèche de montagne, le sapin, dont la conicité doit être franche et les branches horizontales.
Échelle : à 7 cm par santon, un olivier adulte fait 15 à 25 cm, un cyprès 30 à 40 cm. Un arbre de 8 cm à côté d’un santon de 7 cm est un buisson, pas un arbre — ce qui est très bien, à condition de l’assumer et de ne pas mettre l’âne dessous.
Le blé de la Sainte-Barbe
La coutume provençale est simple et vaut d’être suivie, y compris loin de la Provence.
Le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, on sème des grains de blé — ou de lentilles — dans trois coupelles garnies de coton humide. On les tient au chaud et à la lumière ; le 24, les pousses font une dizaine de centimètres et rejoignent la crèche, souvent nouées d’un ruban rouge.
Le dicton dit : « Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn » — quand le blé vient bien, tout vient bien. Une pousse droite et verte annonce une bonne année ; une pousse jaune et couchée, l’inverse.
Trois choses à savoir si vous vous y mettez :
- Trois coupelles, traditionnellement, pour la Trinité.
- Peu d’eau. Le coton doit être humide, jamais détrempé, sinon les grains pourrissent avant de germer.
- Beaucoup de lumière, sinon les tiges filent, blanchissent et se couchent — ce qui, selon le dicton, est de mauvais augure, et selon la botanique, un manque de soleil.
C’est la seule partie vivante de la crèche, et pour beaucoup d’enfants c’est celle qu’ils retiennent.